Notes du Témoignage de Valentine
Travail de maturité, sujet : le silence monastique
Motivations : je me sentais interpellée par le silence en lui-même, par opposition à cette manie actuelle de communication. Et puis, en religion, il me semblait évident d‘interroger notre propre tradition chrétienne, si riche, peut-être aussi pour contrer cette autre tendance, aller chercher des réponses ailleurs, dans d‘autres religions.
Thème central : l‘originalité & la finalité du silence monastique. En bref: qu‘est-ce que le silence du monastère offre de particulier et d‘essentiel qui touche même les hôtes de passage?
Pour la partie pratique de mon travail, il me fallait trouver une communauté. Je suis tombée par hasard sur la Maigrauge, en consultant Internet.
Mon premier contact a eu lieu en juillet 2008. La mère Abbesse, Sr. Gertrude, m‘a accordé un entretien. Elle s‘est montrée prudente. J‘étais très inquiète, parce que j‘avais conscience d‘être une sorte de corps étranger, un grain de sable qui pourrait se méprendre et donner une fausse image de la vocation monastique. J‘ai été très impressionnée par l‘écoute de Sr. Gertrude, un mélange de gentillesse et de vigilance, une vigilance nécessaire. J‘ai senti à quel point elle avait le soin de sa communauté. Son accueil m‘a inspiré un profond respect.
Suite à cet entretien, la communauté de la Maigrauge a été d‘accord de m‘accueillir pendant 10 jours lors de mes vacances d‘automne.
Trac; natel, iPod etc. abandonnés, je ne savais pas ce qui m‘attendait.
Heureusement, Soeur Marie-Emmanuel, la Soeur Hôtelière, avec son sourire et sa manière chaleureuse, m‘a vite réconfortée. C‘est elle qui m‘a expliqué le fonctionnement de la maison. Je crois que le rôle d‘une Soeur hôtelière est primordial. Entrer dans un couvent n‘est pas chose banale, le visiteur peut être extrêmement déstabilisé, il perd ses repères habituels. La Soeur Hôtelière est celle qui fait le lien entre deux mondes quasiment opposés.
Une fois installée à l‘hôtellerie, j‘ai essayé de suivre le rythme de la Maigrauge, c‘est à dire cette alternance de silence, de prière, d‘étude et parfois de travail manuel. Grande fatigue!
L‘introduction dans la vie du monastère ne peut se faire que par étapes :
Au début, l‘accueil passe par des personnes définies - dans mon cas Mère Abbesse, Sr. Marie-Emmanuel, Sr. Teresa avec qui j‘étais au jardin et en cuisine.
En entrant dans le silence et la solitude, je me suis rendu compte que tout ce qui m‘entourait prenait de l‘importance : les Soeurs plus discrètes, celles que je ne voyais pas, l‘architecture, la lumière, la nature, les bruits.
C‘est tout un couvent qui nous accueille avec son histoire et ses composantes individuelles et communautaires.
Au fur et à mesure que j‘approchais le quotidien des moniales et leur silence, je réalisais que l‘accueil présentait des facettes plus subtiles.
J‘ai eu l‘opportunité d‘avoir quelques belles conversations sur la vocation, le doute, l‘injustice et de vivre des moments intenses, par exemple quand on est venu me chercher pour peler des coings à la cuisine; quand les Soeurs ont prié pour moi pendant l‘office; quand j‘ai vu deux moniales complètement investies dans leur prière.
Ce qui m‘a frappée, ce n‘était pas l‘action concrète mais le témoignage, les Soeurs sont présentes; là, j‘ai vraiment compris que leur prière est un accueil et que leur prière va au monde.
Un autre grand moment : la fabrication et la récitation du rosaire avec Soeur Teresa. Avant de commencer, elle m‘a dit „nous prendrons notre temps“, expérience du temps arrêté, de la durée, de la persévérance.
C‘était surtout un moment de vérité comme pendant les offices où toute la communauté est réunie, moment d‘unité, de communion
Autre exemple d‘accueil : les textes que m‘ont offert les moniales en réponses aux questions que je leur avait posées par écrit au début de mon séjour.
Genre d‘accueil : l‘accueil monastique constitue une proposition de foi qui convient bien à la mentalité d‘aujourd‘hui. On n‘impose rien, on propose. C‘est aussi l‘occasion de faire une expérience de foi; mais même pour un non-croyant le témoignage d‘une communauté peut apporter un soutien. De même, quelqu‘un qui traverse un passage de vie difficile peut retrouver ici la paix intérieure. En ce qui me concerne : expérience infiniment précieuse, inoubliable !
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Im Herbst 2008 verbrachte ich 10 Tage in der Maigrauge, für den praktischen Teil meiner MA. Meine Absicht war es, so tief wie möglich in die Stille einzutauchen, um deren Zweck besser zu verstehen.
Diese Erfahrung wäre unmöglich gewesen ohne die Hilfe einiger Schwestern, die mich in ihren Alltag eingeführt und begleitet haben.
Anfang: auf gewisse Sichtbarkeit angewiesen, auf Konkretes. Nach und nach wurde mir jedoch klar, dass die Aufnahme in verschiedenen Stufen geschieht: Je mehr ich den Tagesrhythmus miterlebte, desto besser verstand ich die Spiritualität der Gemeinschaft und der Umgebung; alles bekam eine vielschichtigere Bedeutung, das Gebet, die Einsamkeit, die Sonnenaufgänge, die Architektur des Klosters, die Natur.
Die Gegenwart der Schwestern und die Stille selbst verhalfen mir zu einer schärferen Wahrnehmung.
Gebet selbst = Form der Aufnahme!
Enzo Bianchi: „Die Stille ist ein Beispiel der Gastfreundschaft des anderen in uns, die Stille ist Aufnahme Gottes sowie des Bruders, der nach seinem Bilde geschaffen wurde.“