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Solennité du Sacré-Coeur de Jésus

Vendredi, nous célébrerons la solennité du Sacré-Coeur de Jésus.

Le Sacré-Coeur, c’est le coeur de Jésus symbole de l'amour divin, centre où tout converge et qui embrasse tout. L’Eglise contemple le coeur du Sauveur de l’humanité et se laisse guider par lui jusqu’au plus profond du mystère de l’amour où se rencontrent l’homme et Dieu. La dévotion au Sacré Coeur nous invite à fixer notre attention sur ce coeur aimant, compatissant et miséricordieux qui révèle le coeur de Dieu. 

A l’école de St Bernard, les premiers Abbés cisterciens ont contemplé ce Cœur, le plus grand signe d’amour du Christ pour nous.

 

Le Christ transpercé

Pénètre donc dans la pierre, ô homme ! Cache-toi dans le trou de la terre ! Réfugie-toi dans le Crucifié. Il est la pierre, il est la terre, lui Dieu et homme. Il est la pierre forée, la terre trouée : « Ils ont troué, dit-il, mes mains et mes pieds ».

« Cache-toi, est-il écrit, dans le trou de la terre, face à la terreur du Seigneur ». Ce qui veut dire : cherche un refuge contre lui auprès de lui; contre le Juge auprès du Rédempteur; contre le tribunal auprès de la croix; contre le juste auprès du miséricordieux; contre celui qui frappera la terre de la verge de sa bouche, auprès de celui qui enivre la terre des gouttes de son sang; contre celui qui tuera l’impie du souffle de ses lèvres, auprès de celui qui rend vie au mortel par le sang de ses plaies. 

Bien mieux, réfugie-toi, non seulement auprès de lui, mais en lui; pénètre dans l’anfractuosité de la pierre; cache-toi dans le trou de la terre; va te cacher dans ces mains percées, dans ce flanc troué.

Qu’est-ce, en effet, que la plaie dans le flanc du Christ, sinon la porte ouverte au flanc de l’arche pour ceux qui seraient préservés du déluge ? Seulement, l’une était figure, l’autre est réalité: il ne s’agit plus ici de sauver la seule vie mortelle, mais de recouvrer l’immortelle. La raison pour laquelle le Christ tendre et miséricordieux a ouvert son côté, c’est que le sang de sa plaie te vivifiât, que la chaleur de son corps te réchauffât, que l’aspiration de son cœur t’attirât pour ainsi dire par cet orifice librement ouvert. C’est là que tu seras caché en sécurité jusqu’à ce que passe l’iniquité; là que tu n’auras rien à souffrir du froid, car dans les entrailles du Christ la charité ne se refroidit pas; là que tu seras inondé de délices; là que tu déborderas de joies, du moins lorsque enfin la vie de notre Chef aura englouti ton être mortel et celui de tous les membres de son Corps.

Guerric d’Igny, Abbé cistercien.